Ou des vertus de la gestion d’un bon père de famille …
La crise financière mondiale et sa cohorte de drames économiques et humains ne doit pas occulter son origine : les jeux fous d’apprentis sorciers qui pensaient fabriquer de l’argent et de la richesse sur du sable.
Prenez, chers lecteurs, l’affolante simplicité du « scandale Madoff » . Sur quoi la mécanique était-elle fondée ? Madoff promettait des rémunérations garanties de 10% à 15%, soit très au- dessus du risque boursier ; il les servait effectivement aux « anciens » en « recrutant » de nouvelles victimes, ce qui accroissait la confiance dont il jouissait ; version moderne du « jeu de la pyramide » que ma génération a connu.
Je note d’ailleurs que le jeu de la pyramide avait été pénalisé à l’époque…. Dans les cours d’école mais non dans la finance internationale….
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Je veux dire, chers lecteurs, qu’un principe général de la gestion des finances ménagères est de ne dépenser que l’argent que l’on a gagné ou emprunté, et que dans ce dernier cas l’emprunt correspond à sa capacité de remboursement donc in fine aux revenus.
Dans le cas contraire, la situation de surendettement est inévitable et, pour en sortir, il y a peu de solutions enviables : la mise sous tutelle et la négociation d’un rééchelonnement sévère de la dette ou la vente des « bijoux de famille » quand ils existent.
La gestion des finances publiques n’obéit pas à une autre logique, qu’elles soient nationales – il faudra bien rembourser la dette colossale que l’Etat a contractée – ou locales.
Vos élus d’Osons ont, à de nombreuses reprises, dénoncé une gestion au fil de l’eau, « emprunt revolving sur empru
nt revolving », des emprunts pour couvrir des dépenses courantes de fonctionnement et non des dépenses utiles pour les générations à venir.
La Mairie argue – à juste titre - de la baisse historique des taux de la BCE pour continuer à vivre d’expédients et à se placer sous la coupe des banques.
Admettons et comme le tournait Fellini : « la nave va »… Nos encours augmentent vertigineusement et de médaille d’argent des Yvelines pour sa dette par habitant, je ne doute pas que quelqu’un se soit assigné pour objectif d’être en or…
On pourrait, cher lecteur, se prévaloir des exemples de communes limitrophes qui défraient l’actualité avec des taux d’imposition en augmentation de 50% pour se rassurer de nos modestes 4% et penser qu’après tout … la nave va.
Aïe , aïe, aïe, nous n’y sommes pas, mais vraiment pas.
Les communes visées plus haut le sont pour leur démesure pharaonique, dénoncée par les habitants – contribuables auprès du sous-préfet ; mais enfin, d’accord ou non, piscines , marchés couverts , parkings, rénovation urbaine sont les causes identifiables du mal de la dépense donc de l’impôt.
Chez nous, rien de tout cela ; le malade souffre en silence sans projet, sans prurit ni ambition particulière autre que de refaire la façade de la Mairie au motif « qu’y a des subventions »…. Mal oh combien ! français que d’oublier que pour « raffler » les subventions régionales et départementales, il faut bien y aller de la poche des Louveciennois… Passons muscade et roulez carrosses.
“Demain est un autre jour”
Eh bien , non, demain est aujourd’hui du fait de la vente pour ,excusez du peu, 4,6 ME de quarante logements «sociaux » ; ce que nous nommions plus haut les « bijoux de famille ».
Oublions l’accessoire pour nous concentrer sur l’essentiel.
Enfin, l’accessoire a quand même son importance : voilà 2 ou 3 commissions financières qui se réunissent, voilà deux séances du Conseil municipal consacrées au budget et, au cours de ces nombreux forums, aucun membre de l’équipe en place n’a cru bon d’informer les élus d’opposition de ce projet majeur et des offres faites.
C’est un véritable déni de démocratie.
Il est vrai, cher lecteur, que l’élu qui vous écrit hésite entre Charybde et Scylla : n’être informé de rien et ne pas pouvoir exercer sa fonction d’opposant ou alors… être l’objet d’une plainte pénale et convoqué en correctionnelle.
De la prison pour avoir fait état d’une hypothèse qui a déplu au souverain sur la fermeture d’une agence bancaire …. C’est beaucoup ! Ah , oui mais c’est le tarif « Poutine » dans la cité des fleurs.
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L’essentiel maintenant.
A quel usage ces sommes sont-elles destinées, en se souvenant qu’il s’agit « grosso modo » d’1/4 du budget de la commune ?
Le point fondamental est là .
La Ville a une opportunité unique de se désendetter aux meilleures conditions en sachant que les taux sont à un niveau historiquement bas. Il serait de bonne politique, compte tenu du nombre de prêts à taux variables qui ont été souscrits, que nous profitions de ce mouvement à la baisse pour, comme la ménagère ou le bon père de famille, alléger notre charge en capital et en intérêts versés.
A cette question, il n’a pas été apporté de réponse lors du dernier conseil si ce n’est qu’une « part importante » serait consacrée à l’investissement…
Penser, déjà , à dépenser l’argent provenant d’une recette exceptionnelle !! Quelle imprévision et quel mépris de l’avenir ! Un avenir où nous aurons probablement besoin d’une capacité d’emprunt renouvelée, avec des remboursements anticipés au meilleur moment qui auront permis une reconstitution saine de notre crédibilité au lieu de croire, comme M. Madoff, que le champ de la dette et du crédit est infini.
Il s’agit ni plus ni moins de réactions de bon sens, d’éviter la fuite en avant , de tirer parti des opportunités offertes par la crise financière et de constater qu’une fois encore la saine gestion des finances publiques requiert une vertu : le bon sens.
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Jean-Philippe Schweitzer
Conseiller municipal