Développement durable: Que faire à Louveciennes?
Le processus de changement climatique est lancé. Il se produira…Nous le savons tous.
Il nous appartient d’essayer d’en limiter l’ampleur. Cela passe par la réduction des consommations d’énergie et l’utilisation de ressources
renouvelables sur notre territoire. L’énergie consommée représente en effet plus de 80% des émissions de gaz à effet de serre sur lesquelles une collectivité locale possède de nombreux leviers. Chaque action visant à maîtriser les consommations d’énergie sera notre contribution locale à une action plus vaste destinée à limiter l’ampleur du changement climatique. Les actions individuelles comptent peu, mais aucun résultat n’est possible sans une multitude d’actions convergentes. Telle est la contradiction à laquelle nous sommes confrontés et que les collectivités locales doivent surmonter en jouant un rôle de catalyseur, dans la durée.
La prise en compte des évolutions climatiques dans les décisions de long terme (urbanisme, aménagement, conception d’infrastructures…) et l’adaptation de notre société aux nouvelles conditions climatiques est devenue une nécessité. Il est de la responsabilité de chacun (individus, entreprises, collectivités locales…) d’y contribuer, chacun à son échelle.
A - Dans quels domaines agir ?
Par leurs décisions directes, les collectivités locales sont responsables d’environ 15% des émissions de gaz à effet de serre. Mais ce qui se passe sur leur territoire est naturellement d’une autre ampleur. Chaque collectivité locale réalise déjà des actions positives en faveur de la protection du climat, par exemple au travers d’actions de maîtrise de l’énergie.
Ainsi Louveciennes se targue d’être exemplaire :
- en matière d’entretien des espaces verts (réduction de la consommation d’eau, plantation de végétaux plus résistants, etc..voir le site de la mairie sur le sujet),
- en matière d’économies d’énergie (utilisation d’ampoules basse consommation, « installation de chaudières à haut rendement », toujours sur le site de la mairie)
Mais passer d’une série d’actions ponctuelles à une stratégie organisée s’impose désormais, car la collectivité locale met aussi en œuvre, dans le même temps, des actions néfastes pour le climat sans s’en rendre compte, faute de prise en compte des enjeux climatiques dans les autres politiques menées. Car une diminution des gaz à effet de serre passe également par des actions dans des secteurs autres qu’énergétiques : habitat, transports, tertiaire, les déchets, la biodiversité…
1 - Agir sur l’énergie consommée
Près des 3/4 des consommations d’énergie des communes concernent le patrimoine bâti (locaux administratifs, scolaires, sportifs, culturels,..), près de 20% l’éclairage public et près de 10% pour les véhicules municipaux.
La gestion énergétique des bâtiments et des équipements passe par :
- le choix et le renouvellement des équipements, en privilégiant les énergies renouvelables
- des actions simples comme l’optimisation des contrats d’abonnements de fourniture énergétique.
La gestion des achats et de la commande publique, en privilégiant l’achat de matériels, produits, équipements moins consommateurs d’énergie est un autre levier important dont disposent les communes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Par ses choix en termes de conception et de réhabilitation des bâtiments, la collectivité locale peut influer très directement sur la facture énergétique et climatique.
Enfin, la gestion des déplacements des personnels est aussi un élément non négligeable pour réduire la consommation énergétique. Ainsi certaines communes ont mis en place des Plans de déplacements des employés, d’autres des parcs à vélo pour faciliter les déplacements des personnels, d’autres encore des formations à l’amélioration de l’entretien et du contrôle des moteurs pour sensibiliser les mécaniciens aux économies d’énergie…
Un dernier point et non des moindres : les collectivités locales ont un rôle à jouer dans la production et la distribution locales de l’énergie . Elles sont responsables de la distribution des énergies sur son territoire. Par ailleurs elles sont appelées à planifier pour l’avenir, pour créer les conditions d’un développement des énergies renouvelables. Elles peuvent faciliter l’octroi de permis de construire pour les installations disposant de capteurs solaires, voire y songer pour elles-mêmes lors de travaux de rénovation de bâtiments publics.
2 - Agir sur l’urbanisme et le développement
Rappelons que la collectivité locale est responsable de l’organisation du territoire et de l’aménagement de l’espace. Elle délivre des permis de construire, a un rôle déterminant dans l’organisation des déplacements et des transports, réalise des infrastructures, les accompagne, les coordonne et les réglemente. De la cohérence énergétique de cet ensemble dépendent largement les consommations d’énergie du territoire.
L ‘enjeu est de taille : il s’agit de planifier le futur en intégrant les conséquences possibles du changement climatique.Cela implique une vision prospective et dynamique du territoire et je doute que la mairie la possède réellement. Il faut intégrer ces dimensions climatiques dans un document comme le PLU.
Il faut par exemple prévoir de contenir l’étalement urbain pour réduire les consommations d’énergies et donc orienter de façon volontariste la localisation des activités, des équipements et des zones résidentielles. Il convient de limiter la dispersion des activités et des lieux de résidences.
(A réfléchir dans le cadre du PLU)
3 - Agir sur les transports
C’est le secteur des transports qui contribue le plus fortement à l’augmentation des gaz à effet de serre en France. Tandis que la part de l’industrie se réduit de manière drastique( - 22% de 1990 à 2003), celle du transport augment de 22% en 13 ans. Il est urgent d’agir et les alternatives écologiques sont très limitées. Les mesures sont connues :
- promouvoir le covoiturage. Pour se rendre vers les bassins d’emploi, à Paris, à Rueil ou à la Défense, ou par exemple les jours de grève.
- créer des chemins piétonniers et des réseaux cyclables. Notamment pour les quartiers plus éloignés avec le centre (par exemple: les plain-champs, les clos, le coeur volant, etc), prévoir une piste cyclable pour aller en forêt de Marly, etc… Permettre aux enfants de pouvoir se rendre à pied dans les écoles de Louveciennes et de façon sécurisée. Créer des pédibus comme à Marly le Roi.
- créer des parkings à vélo près de la gare, dans le centre, dans les quartiers éloignés du centre.
- agir sur la flotte municipale (politique d’entretien des véhicules, de la conduite et de l’achat de véhicules propres), et partage de véhicules et de matériel dans le cadre de l’intercommunalité
- mettre en place un plan de déplacement des agents municipaux, notamment ceux qui effectuent des déplacements courts dans Louveciennes
4 - Agir sur les déchets
Nous disposons déjà du tri sélectif et j’ai cru comprendre que nous jouissions d’un camion de ramassage aujourd’hui modernisé, puisque non polluant.
Cela étant, on peut s’interroger sur le traitement de nos déchets verts à l’échelle de l’intercommunalité.
5 - Agir sur l’agriculture
Ne pourrait-on, à l’instar de certaines communes, privilégier dans nos cantines scolaires, les circuits courts avec des produits issus de l’agriculture locale (je pense par exemple aux fruits et aux légumes ) ? C’est un geste pour l’environnement et pour l’économie locale.
B - Avec qui agir ?
Passer d’une organisation de la société construite sur l’abondance énergétique et l’irresponsabilité climatique à la société du « Facteur 4 » (celle où l’on aura divisé nos émissions actuelles par 4) nécessite une mutation culturelle. L’entrée en scène des pays en voie de développement fait de cet objectif une nécessité et non plus une option parmi d’autres.
Les collectivités se doivent de promouvoir une culture de l’énergie et du climat du territoire (manifestations thématiques, affichage des consommations énergétiques des bâtiments publics..) Mesures qui peuvent sembler dérisoires mais qui sont essentielles dans la symbolique de l’implication de la collectivité locale. Parce qu’il est vain de chercher à associer la population si la collectivité n’est pas elle-même exemplaire.
Les collectivités locales occupent une place privilégiée pour inciter la population à agir et ce faisant, elles-mêmes. Cercle vertueux limité certes, mais vertueux…
Détecter les « motivés » (famille avec chauffage solaire, entreprise du bâtiment ou artisan spécialiste de l’isolation performante,..), identifier les acteurs importants (entreprises, administrations, syndics de co-propriété, banques…) qui peuvent réaliser des progrès significatifs (car gros consommateurs d’énergie ou influencent les consommations) et les impliquer, communiquer, informer, encourager, débattre.. Bref les possibilités sont nombreuses pour une collectivité locale motivée !!
Et surtout, nommer un élu pour promouvoir en transversal la prise en compte du changement climatique dans les décisions municipales, chez ses collègues, dans les services et auprès de la population. C’est la première chose à faire, en urgence.
Ensuite, pour résumé, ce qui précède, se rapprocher dans des délais rapides du Conseil général, pour ces questions de flotte de bus scolaires qui sont une réelle source de pollution, et trouver des moyens de financement pour l’acquisition de petits bus non polluants.
Autre point fondamental qui dépasse le cadre de Louveciennes : pourquoi le département ne subordonne-t–il pas l’attribution des subventions pour les rénovations de toiture , de chauffage, etc.. à de la rénovation respectueuse des économies d’énergie et du développement durable ? En clair, pour changer une chaudière d’école, le département ou la région devraient exiger un équipement qui réponde à ces normes.
Je crois réellement que c’est la seule manière – la contrainte financière – qui aura le pouvoir de faire changer les comportements chez nos élus.














