Les familles et l’Europe

img_0964b1La Fédération nationale « FAMILLES DE FRANCE » (fédérant environ 100.000 familles) a organisé son 26e Congrès cette année à Strasbourg, le 5 décembre dernier, avec le thème « Familles, l’Europe est entre nos mains !».

 

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Sapin traditionnel à l’entrée du Marché de Noël
(datant du Moyen Age)

Louveciennes y était représentée par plusieurs personnes :
- Elisabeth VAUR, en tant que Présidente de l’AFL, affiliée à « Familles de France » (Association Familiale de Louveciennes, qui publie, notamment la «Feuille verte » qui est distribuée régulièrement dans toutes les boîtes aux lettres de Louveciennes)
- Annick GODARD, ancienne Présidente de l’AFL, Administrateur de l’UDAF des Yvelines et Administrateur de la CAFY (Caisse d’Allocations Familiales des Yvelines)
- Philippe VAUR, Vice-Président national de Familles de France.

img_0975Annick GODARD devant le stand Familles de France du congrès de Strasbourg

De nombreux intervenants de plusieurs pays européens se sont exprimés sur différents aspects concernant les familles et leurs problèmes actuels en Europe.
Cela a mis en évidence, en particulier, que la politique familiale, telle qu’elle est pratiquée en France depuis au moins la fin de la dernière guerre mondiale, n’a pas vraiment d’équivalent dans les autres pays européens : pour un certain nombre d’entre eux, il y a même des résistances plus ou moins fortes du fait de leur histoire, les pays ayant connu le nazisme et (ou) le communisme étant réticents à l’idée que « l’Etat puisse intervenir dans la sphère privée ».

Comme vous n’avez probablement pas beaucoup entendu, dans vos media,
parler de ce qui s’est effectivement dit à Strasbourg ce jour-là et qui était néanmoins fort intéressant à plus d’un titre, vous pourrez en trouver ci-après la substantifique moelle.

Parmi les intervenants, j’en retiens trois, directement reliés à la France :
- Xavier DARCOS, Ministre du Travail, des Relationimg_09731s sociales, de la Famille,
de la Solidarité et de la Ville
- Jean-Dominique GIULIANI, Président de la Fondation Robert Schuman
- Michel GODET, Professeur au CNAM et Membre du CAE (Conseil d’Analyse Economique auprès du Premier Ministre).

1) Xavier DARCOS a fait une intervention claire, sans langue de bois « ministérielle » :

« L’Europe se construit pas à pas, pas seulement par les traités mais avec les
citoyens, donc les familles. Je salue avec beaucoup d’affection Familles de France qui est un des plus anciens mouvements sociaux de France en vue de sauvegarder et faire épanouir une vraie politique familiale. Vos valeurs sont celles du gouvernement et celles du Président.
img_0963J’entends : « Les familles, c’est démodé ! », mais, en fait, la famille reste l’élément de base de la société ; c’est un moyen de partager les valeurs : d’affection, de respect, d’autorité, de solidarité, de dévouement, de transmission (que je préfère à communication) et les valeurs de parentalité.
La famille garde un rôle fondamental à tout âge de la vie et les solidarités
entre générations joueront un rôle fondamental à l’avenir. Je reconnais également les besoins nouveaux évoqués par le Président de Familles de France :
- équilibre vie familiale-vie professionnelle
- prise en compte de nouveaux modèles familiaux
- égalité homme-femme, égalité père-mère
- éducation aux media
- prise en compte des enfants précoces en banlieue
- les familles dans l’Union pour la Méditerranée.
Familles de France restera pour nous un partenaire privilégié. »

« Je souligne avoir agi énergiquement récemment pour maintenir l’avantage à la retraite pour les mères de famille (majoration de deux ans de cotisation par enfant).
J’ai également décidé de favoriser « la parentalité en entreprise ». Nous avons commencé à travailler avec les DRH des grands Groupes français pour promouvoir des crèches d’entreprise. Pour la période 2009-2012, nous donnerons de nouveaux moyens financiers pour le développement des gardes d’enfants (augmentation annuelle de +7,5% par an). Les assistantes maternelles pourront désormais accueiimg_09671llir quatre enfants au lieu de trois précédemment, etc… Exigez l’exécution de ces mesures sur le terrain. S’il y a de la résistance, signalez-le moi ! »

« Je vais également être très clair et très ferme concernant l’inégalité des rémunérations hommes-femmes : 27% d’écart en défaveur des femmes à responsabilité égale, c’est indigne d’un pays moderne comme la France ! Je pense donc à une action législative à ce sujet au 1er trimestre 2010 ! »

« Une grande partie de ce qui soutient les différents pays européens, c’est justement la conception de la famille ! »

« Nous avons devant nous de grands défis : le vieillissement de la population et la dépendance :
- 1 retraite sur 10 actuellement non financée deviendra 1 sur 5 en 2020,
- passage de 1,5 millions de personnes de plus de 85 ans actuellement à 2 millions en 2020, d’où la question évoquée par le Président de Familles de France : « Quand pourrons-nous passer à une autre forme de démocratie avec « vote familial » où le poids des voix (dans les élections) dépendra de la taille de la famille, ce qui permettrait de donner aux jeunes familles un poids relatif plus grand (qu’actuellement) face à une majorité de personnes âgées ou de personnes seules, que nous aurons dans un futur proche ? », la question mérite d’être posée. »

« Enfin , pour conclure, la famille n’est pas figée sur des conservatismes : elle a beaucoup évolué (peut-être trop ou trop vite ?). La société se défera si la famille se défait. La famille doit trouver la place qui lui revient. Finalement : « Familles, je vous aime ! »

2) Jean-Dominique GIULIANI,img_0974
Président de la Fondation Robert Schuman
Intervention particulièrement intéressante au moment où certains nous expliquent qu’il va falloir adopter des politiques malthusiennes (décroissance, taxation proposée, par certains, des enfants considérés comme pollueurs, etc…)

« Il est un fait peu souligné par nos media : notre Union Européenne est la zone la plus riche du monde (25% de la richesse mondiale est produite par nos 27 pays). Vu de pratiquement tous les pays du monde, l’Union Européenne est la zone où l’on veut aller. C’est donc un succès (pas assez souligné) : ce n’est pas par hasard : la construction européenne s’est faite sur des valeurs très proches de celles des valeurs familiales : respect et épanouissement de la personne, valeurs reconnues explicitement dans tous les traités européens (en particulier : le Préambule du traité de Lisbonne entré en vigueur le 1er décembre dernier).

Juridiquement, la politique familiale n’est pas de la compétence européenne mais elle reste, pour le moment, du ressort des différentes politiques nationales. D’autres pays européens que la France qui ont connu des totalitarismes (nazisme et (ou) communisme) où l’Etat voulait « contrôler » les familles pour diriger les consciences, ont une tradition de méfiance par rapport à des politiques volontaristes en matière familiale, mais ils seront probablement amenés à évoluer progressive-ment.

En fait, il ya urgence pour une politiquer familiale européenne du fait d’une catastrophe démographique européenne en vue : nous sommes actuellement 500 millions de personnes dans l’Union Européenne et, d’après les Nations Unies, en 2050 (dans seulement quarante ans) nous passerons à 350 millions seulement.
Le taux de fécondité moyen dans l’ensemble de l’Union Européenne est seulement de 1,56 enfant/femme. Un tiers des naissances hors mariage, augmentation de 55% des divorces, 25% de mariages en moins sur la période 1980-2000. Par ailleurs, 15 à 20 millions d’enfants de moins de 17 ans sont en danger de pauvreté. Il ya 54 millions de personnes isolées ; deux foyers sur trois dans l’Union Européenne n’ont pas d’enfants (Une parlementaire suisse a résumé : « Etre parent n’est plus naturel, c’est devenu juste une option ! »).
Quand on dépense 13 euros pour des prestations de protection sociale, il n’y a pas 1 euro pour une politique familiale. Vous pouvez donc faire pression pour une vraie politique familiale en Europe, car il y a dans l’ensemble de l’Europe (et même dans ses institutions avec quelques exceptions) une dévalorisation de la famille et donc de toute politique familiale. La revalorisation d’une vraie politique familiale devient maintenant une urgence absolue pour l’Union Européenne qui joue là sa place dans le monde.

Je termine en citant Michel GODET : « Il n’y a pas de développement durable sans enfant, ni de croissance sans berceaux » et j’ajouterai : « Pas d’enfants sans familles aidées par des politiques adaptées »

3) Michel GODET :

Avec beaucoup d’humour, Michel GODET, très documenté, nous a rappelé un certain nombre de faits (après avoir rappelé le « théorème de SAUVY » : « Pas de retraite sans berceaux ! ») et avancé un certain nombre d’idées « stimulantes »:

- « suicide démographique européen »
- proverbe africain : « Un homme riche est celui qui ne mange pas seul à table »
- une femme sur deux voudrait un enfant de plus, mais doit y renoncer en raison des difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle
- exemple de langage détourné : « célibataire=famille monoparentale qui n’a pas pu avoir d’enfant »
- quand votre voisin fait une acquisition, votre niveau de vie relatif baisse et on vous explique que vous êtes malheureux
- paupérisation relative des familles avec enfants (en moyenne -10% à l’arrivée de chaque nouvel enfant), d’où nécessité d’un volet universel des allocations familiales pour réduire les inégalités entre les foyers avec ou sans enfants
- faute de « familialisation » de la CSG, les familles nombreuses, comme les familles monoparentales, continueront à payer en proportion deux fois plus de CSG que d’impôt sur le revenu
- éduquer des enfants est un vrai métier si ce n’est pas une science
- le coût de la non-famille (avec ses conséquences en cascade) est exorbitant
- l’immigration en provenance d’Amérique latine devrait être encouragée
- l’ancien chancelier allemand Gerhard SCHROEDER (en 2001) : « la plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés sont liés d’une façon ou d’une autre à la famille »
- L’objectif d’une politique familiale devrait être de « permettre aux femmes qui le souhaitent d’avoir les enfants qu’elles souhaitent et de pouvoir assumer une activité ».

Trois commentaires pour terminer :
1) Naturellement, les différentes opinions exprimées ci-dessus, n’engagent que leurs auteurs, mais sont matière à réflexion
2) Vos réactions et opinions diverses à ce sujet sont, comme d’habitude, les bienvenues
3) Je ne peux que recommander, à titre personnel, un soutien et une adhésion à l’AFL qui représente à Louveciennes la courageuse et nécessaire fédération « Familles de France »

Daniel GODARD

Billet d’humeur de rentrée par DG

En revenant à Louveciennes après les vacances,

je découvre d’abord à différents emplacements de nouveaux panneaux d’information DECAUX. Alors, on manquait vraiment de supports d’information municipale? En tout cas, on va avoir encore un peu plus de pub et un peu moins d’atmosphère « village »…

Agitation aux Clos (ce qui n’est pas courant) à propos du projet de la municipalité de faire construire des logements sociaux sur l’espace vert situé à la limite est des Clos (à la frontière de Bougival). Des résidents, abasourdis, « n’en reviennent pas » : « Comment peuvent-ils imaginer des choses pareilles ? »

Hausse fiscale : C’est la rentrée aussi pour les impôts. Reçu, comme tout le monde, ma Taxe foncière. Je constate une augmentation de 1,79% par la Région, de 2 ,49% par le Département, mais +6,70%, quand même, par la Commune (qui constitue le plus gros poste naturellement), au moment où l’inflation tend à diminuer nettement. Je sais bien que c’est pire dans de nombreuses communes françaises. Mais, à Louveciennes, nous avons déjà un niveau d’endettement « record » et, compte tenu de notre endettement national, également « record », commençons par rétablir un équilibre au niveau local où on peut plus facilement agir.
Je vois alors, en me rendant à la poste, que les travaux de réaménagement de la Rue de Putelot (au sud-ouest de l’église, pour faire court) sont terminés et me remémore l’interrogation de nombreux Louveciennois au début de l’année : « Quand on est aussi endettés que notre commune (au point de vendre notre patrimoine comme les quarante logements sociaux) est-ce vraiment prioritaire d’effectuer ce genre de dépenses nécessairement coûteux ? »

Chèque vert à Louveciennes? Nous avons la chance d’avoir à Louveciennes beaucoup d’arbres, héritage du passé. On nous explique que certains pays procèdent à une déforestation massive et que ce n’est pas bien du tout : ils ont souvent l’excuse de chercher, maladroitement, des formes de survie. Nous, à Louveciennes, pour quelle nécessité absolue nous envisagerions notre « déforestation » sinon massive mais néanmoins significative ?
Nos espaces verts, avec de nombreux arbres, constituent ce qu’on appelle maintenant des « pièges à CO2 » que l’on cherche à créer et à développer par ailleurs.
Alors, à Louveciennes, puisqu’on a la chance d’en avoir, avant de chercher à en créer de nouveaux, commençons par ne pas faire disparaître ceux dont nous avons hérité !
Pour contribuer à la préservation de ces précieux espaces verts, pourquoi ne pas créer des « chèques verts » pour ceux qui sauvegardent et entretiennent, souvent avec grand soin, ces précieux espaces verts ?

posteSamedi matin (veille de la Fête des Fleurs) je me rends à la poste : plus une place de parking disponible dans le secteur, les gens se garent un peu n’importe où, sur les trottoirs, etc…En traversant le marché devant la poste, je discute avec un ami : « Qu’est-ce que ce sera si on rajoute 1.500 personnes à Louveciennes comme on nous le fait miroiter ! ». Un élu municipal passe et nous dit : « Même avec 100 personnes de plus, cela bloquera. Donc, je suis totalement contre l’augmentation de la population envisagée ! » Ah bon, intéressant, début de prise de conscience des contraintes que nous avons à Louveciennes en matière d’infrastructures de déplacement et de stationnement ?

Fête des Fleurs : Réflexions entendues : « Pourquoi ils mettent la Fête des Fleurs juste le jour de la Fête du Patrimoine ? », effectivement, il faudra y penser, « Pourquoi alors qu’on est si endettés, ne pas faire cette Fête des Fleurs seulement une année sur deux ? », eh oui, idée déjà évoquée. Je n’étais pas au feu d’artifice, mais on m’a raconté le fiasco : cela n’arrivait pas à démarrer, d’où la réflexion entendue, un peu cruelle : « Ils n’arrivent pas à faire fonctionner grand-chose, mais rater un feu d’artifice c’est le bouquet, c’est vraiment tout un symbole ! »

Vu le film « Le coach » (comédie sur les intrigues d’entreprise) où un des rôles principaux est tenu par l’acteur Richard BERRY qui résidait à Louveciennes il y a quelques années (à proximité du bois). A la fin du film, le « happy end » se passe à Louveciennes : il y a une négociation avec des Chinois et, pour les séduire en valorisant la culture classique française, il y a une fête au Pavillon DU BARRY. Conclusion : Louveciennes = « ce qui se fait de mieux en France », mais oui !

Naturellement, ces quelques réflexions n’engagent que moi. Spécialement dans la période actuelle, je trouve qu’on a besoin de pistes de réflexion, d’échanges, d’innovations, etc…Ceux que cela intéresse peuvent naturellement me répondre et dialoguer, tranquillement (on est toujours « plus intelligents » à plusieurs non ?)

p1120373

Daniel Godard,
Président de l’association Osons

Avis d’expulsion !

doumerC’est à la fin de mois d’août  quelques jours avant la rentrée scolaire  que la directrice de l’école maternelle du groupe scolaire Doumer, Mme Pouillart, a reçu, du tribunal administratif  de Versailles, une requête en référé aux fin d’expulsion pour la ville de Louveciennes puisque selon la loi, elle n’aurait plus droit maintenant à un logement de fonction (avec loyer d’occupation).

Quelle mouche a piqué Monsieur le Maire ?

  • Demander l’expulsion pure et simple d’une directrice d’école de son logement quelques jours avant la rentrée scolaire ?!
  • Passer par le tribunal administratif de Versailles plutôt que de discuter de vive voix avec elle?!
  • Régler ses comptes par voie de justice dans une petite commune de moins de 8000 hab., de plus avec l’argent de ses administrés ?!

eleves1Il est vrai que la concertation n’est pas le domaine de prédilection de Monsieur Vanhollebecke
Souvenez-vous…
- l’échec du centre multi accueil : manque de concertation avec les riverains
- Départ de l’agence BNP : discussion et compromis inexistants.
- Enlisement du site de Villevert : refus de débat avec l’ensemble de son conseil municipal.
Combien d’autres sujets pour lesquels le refus du dialogue est la cause de l’échec ?

D’autre part, comme l’écrit Mme Pouillart, pourquoi son dossier n’a t’il pas été traité avec plus d’attention vu l’urgence de la situation ? Y aurait-il des inégalités de traitement entre directrices d’écoles ?

Les élus d’Osons ne s’étonnent pas mais se désolent toujours des procédés conflictuels peu démocratiques employés par notre maire en place.

A ce jour, Mme Pouillart a reçu les détails du référé et doit quitter son logement le 2 octobre prochain au plus tard .

Nous sollicitons  de la part de  Monsieur le Maire un peu d’indulgence : maintenir  Mme Pouillart dans son logement actuel jusqu’à ce qu’elle trouve un autre toit.
Certaines villes voisines ont par ailleurs volontairement pris la décision de maintenir les logements de fonction du personnel enseignant, gage de stabilité pour les équipe éducatrices.  

Il serait fortement dommageable pour la ville de lire dans les journaux qu’une directrice d’école d’une jolie commune de la banlieue « chic » de l’ouest parisien….dort dans la rue.

Les élus d’OSONS

Projet à reconstruire sur le “terrain Bull” (Les nouvelles)

projet-a-reconstruire

Spectacle de l’académie: La danse des varlets



Développement durable: Que faire à Louveciennes?

Le processus de changement climatique est lancé. Il se produira…Nous le savons tous.

Il nous appartient d’essayer d’en limiter l’ampleur. Cela passe par la réduction des consommations d’énergie et l’utilisation de ressources photo1renouvelables sur notre territoire. L’énergie consommée représente en effet plus de 80% des émissions de gaz à effet de serre sur lesquelles une collectivité locale possède de nombreux leviers. Chaque action visant à maîtriser les consommations d’énergie sera notre contribution locale à une action plus vaste destinée à limiter l’ampleur du changement climatique. Les actions individuelles comptent peu, mais aucun résultat n’est possible sans une multitude d’actions convergentes. Telle est la contradiction à laquelle nous sommes confrontés et que les collectivités locales doivent surmonter en jouant un rôle de catalyseur, dans la durée.

La prise en compte des évolutions climatiques dans les décisions de long terme (urbanisme, aménagement, conception d’infrastructures…) et l’adaptation de notre société aux nouvelles conditions climatiques est devenue une nécessité. Il est de la responsabilité de chacun (individus, entreprises, collectivités locales…) d’y contribuer, chacun à son échelle.

A - Dans quels domaines agir ?

Par leurs décisions directes, les collectivités locales sont responsables d’environ 15% des émissions de gaz à effet de serre. Mais ce qui se passe sur leur territoire est naturellement d’une autre ampleur. Chaque collectivité locale réalise déjà des actions positives en faveur de la protection du climat, par exemple au travers d’actions de maîtrise de l’énergie.

Ainsi Louveciennes se targue d’être exemplaire :

- en matière d’entretien des espaces verts (réduction de la consommation d’eau, plantation de végétaux plus résistants, etc..voir le site de la mairie sur le sujet),

- en matière d’économies d’énergie (utilisation d’ampoules basse consommation, « installation de chaudières à haut rendement », toujours sur le site de la mairie)

Mais passer d’une série d’actions ponctuelles à une stratégie organisée s’impose désormais, car la collectivité locale met aussi en œuvre, dans le même temps, des actions néfastes pour le climat sans s’en rendre compte, faute de prise en compte des enjeux climatiques dans les autres politiques menées. Car une diminution des gaz à effet de serre passe également par des actions dans des secteurs autres qu’énergétiques : habitat, transports, tertiaire, les déchets, la biodiversité…

1 - Agir sur l’énergie consommée

Près des 3/4 des consommations d’énergie des communes concernent le patrimoine bâti (locaux administratifs, scolaires, sportifs, culturels,..), près de 20% l’éclairage public et près de 10% pour les véhicules municipaux.

La gestion énergétique des bâtiments et des équipements passe par :

- le choix et le renouvellement des équipements, en privilégiant les énergies renouvelables

- des actions simples comme l’optimisation des contrats d’abonnements de fourniture énergétique.

La gestion des achats et de la commande publique, en privilégiant l’achat de matériels, produits, équipements moins consommateurs d’énergie est un autre levier important dont disposent les communes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Par ses choix en termes de conception et de réhabilitation des bâtiments, la collectivité locale peut influer très directement sur la facture énergétique et climatique.

Enfin, la gestion des déplacements des personnels est aussi un élément non négligeable pour réduire la consommation énergétique. Ainsi certaines communes ont mis en place des Plans de déplacements des employés, d’autres des parcs à vélo pour faciliter les déplacements des personnels, d’autres encore des formations à l’amélioration de l’entretien et du contrôle des moteurs pour sensibiliser les mécaniciens aux économies d’énergie…

Un dernier point et non des moindres : les collectivités locales ont un rôle à jouer dans la production et la distribution locales de l’énergie . Elles sont responsables de la distribution des énergies sur son territoire. Par ailleurs elles sont appelées à planifier pour l’avenir, pour créer les conditions d’un développement des énergies renouvelables. Elles peuvent faciliter l’octroi de permis de construire pour les installations disposant de capteurs solaires, voire y songer pour elles-mêmes lors de travaux de rénovation de bâtiments publics.

2 - Agir sur l’urbanisme et le développement

Rappelons que la collectivité locale est responsable de l’organisation du territoire et de l’aménagement de l’espace. Elle délivre des permis de construire, a un rôle déterminant dans l’organisation des déplacements et des transports, réalise des infrastructures, les accompagne, les coordonne et les réglemente. De la cohérence énergétique de cet ensemble dépendent largement les consommations d’énergie du territoire.

L ‘enjeu est de taille : il s’agit de planifier le futur en intégrant les conséquences possibles du changement climatique.Cela implique une vision prospective et dynamique du territoire et je doute que la mairie la possède réellement. Il faut intégrer ces dimensions climatiques dans un document comme le PLU.

Il faut par exemple prévoir de contenir l’étalement urbain pour réduire les consommations d’énergies et donc orienter de façon volontariste la localisation des activités, des équipements et des zones résidentielles. Il convient de limiter la dispersion des activités et des lieux de résidences.
(A réfléchir dans le cadre du PLU)

3 - Agir sur les transports

C’est le secteur des transports qui contribue le plus fortement à l’augmentation des gaz à effet de serre en France. Tandis que la part de l’industrie se réduit de manière drastique( - 22% de 1990 à 2003), celle du transport augment de 22% en 13 ans. Il est urgent d’agir et les alternatives écologiques sont très limitées. Les mesures sont connues :

- promouvoir le covoiturage. Pour se rendre vers les bassins d’emploi,  à Paris, à Rueil ou à la Défense, ou par exemple les jours de grève. 

- créer des chemins piétonniers et des réseaux cyclables. Notamment pour les quartiers plus éloignés avec le centre (par exemple: les plain-champs, les clos, le coeur volant, etc), prévoir une piste cyclable pour aller en forêt de Marly, etc… Permettre aux enfants de pouvoir se rendre à pied dans les écoles de Louveciennes et de façon sécurisée. Créer des pédibus comme à Marly le Roi.

- créer des parkings à vélo près de la gare, dans le centre, dans les quartiers éloignés du centre.

- agir sur la flotte municipale (politique d’entretien des véhicules, de la conduite et de l’achat de véhicules propres), et partage de véhicules et de matériel dans le cadre de l’intercommunalité

- mettre en place un plan de déplacement des agents municipaux, notamment ceux qui effectuent des déplacements courts dans Louveciennes

4 - Agir sur les déchets

Nous disposons déjà du tri sélectif et j’ai cru comprendre que nous jouissions d’un camion de ramassage aujourd’hui modernisé, puisque non polluant.

Cela étant, on peut s’interroger sur le traitement de nos déchets verts à l’échelle de l’intercommunalité.

5 - Agir sur l’agriculture

Ne pourrait-on, à l’instar de certaines communes, privilégier dans nos cantines scolaires, les circuits courts avec des produits issus de l’agriculture locale (je pense par exemple aux fruits et aux légumes ) ? C’est un geste pour l’environnement et pour l’économie locale.

B - Avec qui agir ?

Passer d’une organisation de la société construite sur l’abondance énergétique et l’irresponsabilité climatique à la société du « Facteur 4 » (celle où l’on aura divisé nos émissions actuelles par 4) nécessite une mutation culturelle. L’entrée en scène des pays en voie de développement fait de cet objectif une nécessité et non plus une option parmi d’autres.

Les collectivités se doivent de promouvoir une culture de l’énergie et du climat du territoire (manifestations thématiques, affichage des consommations énergétiques des bâtiments publics..) Mesures qui peuvent sembler dérisoires mais qui sont essentielles dans la symbolique de l’implication de la collectivité locale. Parce qu’il est vain de chercher à associer la population si la collectivité n’est pas elle-même exemplaire.

Les collectivités locales occupent une place privilégiée pour inciter la population à agir et ce faisant, elles-mêmes. Cercle vertueux limité certes, mais vertueux…p1120492

Détecter les « motivés » (famille avec chauffage solaire, entreprise du bâtiment ou artisan spécialiste de l’isolation performante,..), identifier les acteurs importants (entreprises, administrations, syndics de co-propriété, banques…) qui peuvent réaliser des progrès significatifs (car gros consommateurs d’énergie ou influencent les consommations) et les impliquer, communiquer, informer, encourager, débattre.. Bref les possibilités sont nombreuses pour une collectivité locale motivée !!

Et surtout, nommer un élu pour promouvoir en transversal la prise en compte du changement climatique dans les décisions municipales, chez ses collègues, dans les services et auprès de la population. C’est la première chose à faire, en urgence.

Ensuite, pour résumé, ce qui précède, se rapprocher dans des délais rapides du Conseil général, pour ces questions de flotte de bus scolaires qui sont une réelle source de pollution, et trouver des moyens de financement pour l’acquisition de petits bus non polluants.

Autre point fondamental qui dépasse le cadre de Louveciennes : pourquoi le département ne subordonne-t–il pas l’attribution des subventions pour les rénovations de toiture , de chauffage, etc.. à de la rénovation respectueuse des économies d’énergie et du développement durable ? En clair, pour changer une chaudière d’école, le département ou la région devraient exiger un équipement qui réponde à ces normes.

Je crois réellement que c’est la seule manière – la contrainte financière – qui aura le pouvoir de faire changer les comportements chez nos élus.

Véronique Schweitzer
Membre du bureau d’Osons

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